Coming out spirituel

Après des mois de réflexion, d’essais, de discussions et de chipotages informatiques : tadaaaam ! Un blog de plus au royaume des blogs, welcome to the Globservatrice 👁 Dans ce premier article, j’ai envie d’exprimer un peu plus en détail les raisons qui me poussent à écrire ici. J’vais donc vous parler de cette fameuse prise de conscience qu’on est de plus en plus nombreux à avoir.

Comme beaucoup de nanas de ma génération, j’ai acheté pas mal de fringues chez Zara, englouti des bons vieux McCheesy et dévoré les six saisons de « Gossip girl » et « Sex and the City » sans honte (et plusieurs fois). Un peu d’école, un peu de travail, beaucoup de copines et de bon temps, ce qui a toujours compté pour moi, c’était une vie sociale bien remplie et le sacro-saint « Carpe Diem » qui va avec.

A 21 ans, après avoir obtenu mon diplôme de bachelier en e-Business, j’ai la bougeotte et je pars barouder quelques mois, seule, en Australie et en Asie. En voyageant, je rencontre beaucoup de gens d’horizons différents, j’ai beaucoup de temps pour moi et je suis donc rapidement amenée à prendre du recul sur nos modes de vie – mon mode de vie.

Et dans ce monde ou tout va vite, prendre du recul amène inévitablement un certain mal être, parce qu’on est obligé de constater l’évidence : le monde va mal ma pauvre Lucette.


Croissance économique illimitée et ressources limitées, injustice, famine, surconsommation et déchets, réchauffement climatique, burn-out et encore des déchets. Fausse démocratie et vraie désinformation, glorification de l’égoïsme, standardisation de la pensée, des cultures, des espèces.


Ce n’est pas que je n’avais jamais entendu parlé de tout ça avant mais, pour ma part, je me suis toujours sentie totalement impuissante devant cette montagne d’horreur. Je l’avais rangée dans un coin de ma tête en me disant que ça ne me concernait pas vraiment, que c’était loin, et que j’avais rendez-vous chez le coiffeur à 17h. J’y pense et puis j’oublie, c’est la vie.

Mais petit à petit, là-bas à l’autre bout du monde avec tout ce temps pour penser et pas trop d’argent à dépenser, je me suis risquée à faire le lien qui fait peur : les îles de plastique à la dérive, les salaires d’1€ par jour et les élevabattages déshumanisés et intensifs auraient-ils un lien direct avec la façon dont je vis ma vie à moi ?

Elémentaire mon cher Watson. J’ai tout à coup pris conscience que, par mes gestes quotidiens, ma façon de manger, de m’habiller, de me déplacer, de sortir, d’acheter, non seulement j’acceptais, mais en plus je contribuais à tous ces désastres économiques, sociaux et environnementaux. A chaque euro versé dans telle ou telle grande enseigne, je fais le choix de donner plus de pouvoir à des entreprises, à des gens qui nourrissent les inégalités, qui valorisent la croissance du capital au détriment des ressources naturelles et de l’épanouissement des personnes. Et tout ça pour quoi ? Pour accumuler un nombre incalculable de bidules dont je ne suis pas sure d’avoir besoin.

On me vend des images, des rêves d’argent, de technologie, de perfection qui, non seulement ne satisfont pas mes vrais besoins, mais en plus qui mettent nature et conditions de vie en péril.

Quand je pense que cette mignonne petite paire de sneakers en vitrine a vu plus de pays que moi, qu’elle est emballée dans un tas de matières à usage unique et que les produits qui lui donnent cette jolie couleur pourpre sont maintenant dans le Gange ou la mer de Chine, j’hésite un peu à les acheter, ces pompes.

 

Que cache le prix d’une paire de baskets ? – Consoglobe

Et c’est sans compter que dans les 100€ que je vais les payer, c’est en moyenne 83€ qui seront partagés entre la marque et les distributeurs, notamment pour continuer à financer les campagnes marketing qui me donneront envie d’acheter le prochain modèle, mais aussi pour rémunérer les actionnaires qui, sans bouger le petit doigt, leur permettent d’exister et de croître. 12€ seront versés à l’usine de fabrication et c’est en moyenne 0,40€ qui reviendront aux ouvriers. A ce tarif, pas de quoi s’étonner des 1138 vies disparues sous le Rana Plaza. Et dans trois mois, quand elles seront un peu défraichies, démodées et que la nouvelle collection me fera de l’oeil, mes jolies petites baskets deviendront un déchet, un déchet coûteux et polluant. Ce petit mécanisme autour d’une paire de chaussures, on peut le retrouver dans de nombreux produits du quotidien.

Bref, toute cette (sur)consommation, je ne sais pas vous, mais moi, ça ne me paraît pas très sain. Acheter, consommer, jeter : chaque chose est un produit dont la seule valeur est le prix. Il y a tellement d’intermédiaires entre nous et l’origine de ce que l’on consomme que l’on a perdu toute conscience des conséquences de nos achats.

Aujourd’hui, je crois qu’il est temps de dire pouce. D’autant plus que l’on a pas vraiment le choix; entre pénurie de pétrole et étés à 50°, il parait que l’on va finir par se prendre un bon coup de pelle à force d’abuser.

Mais voilà, on travaille, on s’occupe de nos proches, de notre maison, on a peu de temps et les alternatives ne sont pas toujours évidentes. Alors comment faire pour continuer à vivre bien en cessant de participer à ce cercle vicieux ?

C’est clair, du haut de mes 25 pommes, je n’ai pas toutes les solutions; je m’informe, j’expérimente. Je ne suis pas experte en biologie, en permaculture, en géopolitique ni même en économie. Mais je suis une fille, parmi d’autres, qui ne veut pas accepter l’inacceptable, alors j’essaye et j’apprends. Au quotidien, j‘ai adopté certaines règles qui fonctionnent plutôt bien :

🌿 M’informer : Bouquins, reportages, rencontres et discussions, presse ou art, chacun ses méthodes mais diversifier les sources a son importance. S’intéresser à tout, se frotter au monde et questionner ses habitudes et certitudes permet de prendre un peu de recul par rapport à nos repères de toujours – plus forcément adaptés au monde d’aujourd’hui. 

🌿 Remettre en question mes besoins : Je vous rassure tout de suite, pas besoin de se vêtir de toile de jute et de se laver dans l’étang du coin pour consommer de façon plus durable. Par contre, je ne suis pas certaine qu’acheter un nouveau smartphone chaque année, avoir 28 jeans, 12 flacons de shampoings et aller à la salle de sport en voiture soit forcément nécessaire. Pour chaque bien, se poser la question : est-ce un besoin ou une envie ? Cela va-t-il réellement améliorer ma qualité de vie ? Quelles seront les conséquences de cet achat, de sa production à sa fin de vie ?

🌿 Fabriquer : L’exercice vraiment top pour reconnecter avec ce que l’on consomme, c’est de le faire soi-même . Faire du savon, coudre, préparer à manger, faire pousser des légumes, réparer son vélo,… La toile regorge de tuto et autres DIY et ça remet un peu l’église au milieu du village. On se rend compte du temps que certaines choses peuvent prendre, de leur valeur. Dans d’autres cas, on réalise la simplicité d’un produit et on en vient à se demander pourquoi on le paye 18x le prix au supermarché. Mention spéciale également pour l’immense satisfaction du travail accompli, sans parler des bienfaits de la consommation d’aliments non transformés, bio, et de cosmétiques naturels sur la santé et l’environnement. 

🌿 Mon argent, mon droit de vote : La dernière, mais non la moindre ! Après avoir diminué sa consommation, fait un maximum par soi-même, il reste toute une catégorie de biens que l’on continuera à acheter. Ce dont on n’a pas toujours conscience, c’est qu’à chaque à euro dépensé, on construit le monde de demain. Quand on n’a pas ça en tête, on ne finance pas forcément le système qui protégera nos intérêts. 

La bonne nouvelle c’est qu’aujourd’hui, de plus en plus de gens mettent leurs idées et leur travail au service des personnes et de la nature, puisqu’au fond, c’est là qu’est leur place réelle, non ? Les initiatives inspirantes sont en pleine expansion : 


Productions alimentaires locales, permaculture, éco-construction, réemploi des matériaux, slow presse, solidarité, entraide, mode éthique, art, culture, éducation permanente, des villes en transitions et des petits colibris.


Je suis convaincue que l’homme peut aussi être plein d’ingéniosité, de passion et de compassion, et je crois en notre capacité d’adaptation. Et puis aujourd’hui, on ne peut plus vraiment feindre de ne pas savoir ce qui se cache derrière nuggets et conserves à deux sous, alors deux solutions s’offrent à nous :

a. On continue tranquillement à financer la déforestation, le travail des enfants, la purée de poussins et le dernier yacht de Bernard Arnault en compensant par 12,5€ annuel au Téléthon;

b. On se réveille, on prend conscience des conséquences de nos modes de vie et on participe à la construction du monde dans lequel on veut vivre;

c. La réponse D

Il faut que je vous le dise d’emblée : parfois j’ai des doutes, je craque pour la facilité, ou l’une ou l’autre jolie petite bricole inutile et je produis actuellement bien plus d’un bocal de déchet par an. Mais je pense que ce qui compte vraiment, c’est d’apporter sa petite pierre à l’édifice et d’essayer d’être quelqu’un de bien. C’est  d’avoir conscience de qui on est et ce que l’on fait, de se sentir bien avec, et de continuer à apprendre et à remettre en question, toujours.

Amour sur vous,

Lola.

 

 

6 Comments
  • Margot
    Posted at 21:11h, 25 février Répondre

    Très chouette, très inspirant !!!

    Margot, la copine à Esther 🙂

    • Lola
      Posted at 08:50h, 26 février Répondre

      Merci beaucoup Margot, ça me fait plaisir ! 🖖

  • Rori
    Posted at 20:27h, 25 février Répondre

    J’aime déjà te lire ! Dans ma tête j’entends ta voix qui me raconte tout ça… De plus en plus je fouille, je lis, j’écoute et j’apprends de mon côté à «vivre mieux» pour me sentir en accord avec tout ce que je fais alors lire ma Lola dans cette même démarche, c’est que du bonheur ! Bon vent à ce joli bébé plein d’inspiration positive 😍💪

    • Lola
      Posted at 08:56h, 26 février Répondre

      Merci de ton super soutien, comme toujours 😘 Impatiente d’échanger de vive voix !

  • Charlan
    Posted at 12:53h, 25 février Répondre

    Quelle belle maturité ! merci de nous rappeler qu’a 25 ou 50 balais le défi est le même. Merci de cette belle initiative et je sens que j’ai souvent venir faire un petit tour par ici. Prends soin de toi ! Charlan

    • Lola
      Posted at 17:15h, 25 février Répondre

      Ce commentaire me fait énormément plaisir, merci beaucoup Charlan ! J’ai été à bonne école 😉 Belle continuation à toi

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