Défi zéro déchet - Bilan 6 semaines

Bilan zéro déchet – Je suis la moitié de mon défi zéro déchet de 3 mois à Mumbai !

Ca y est ! Ca fait maintenant plus de 6 semaines que j’ai déposé mes valises dans le quartier de Khar West, à Mumbai. Et ça fait donc plus de 6 semaines que je me suis mise au défi de vivre en objectif zéro déchet en Inde ! J’écris cet article pour faire le point avec vous sur les difficultés que j’ai rencontrées, les bonnes surprises qui me facilitent la vie, les étapes franchies et celles qu’il reste à accomplir. En route pour le bilan zéro déchet !

Bilan zéro déchet - Défi zéro déchet - impressions

Aucun doute là dessus : je suis super heureuse de m’être lancée dans cette aventure zéro déchet. Et il y a deux raisons majeures à cela.

D’abord, parce que mon défi zéro déchet se passe plutôt bien ! Je réalise clairement que le zéro déchet, ce n’est pas difficile. Ce mode de vie tient davantage à une question de volonté et à une capacité d’accepter le changement qu’à de réelles barrières techniques. Je passe mon temps à m’émerveiller devant le fait que je n’ai pas besoin de beaucoup pour vivre une vie de qualité.

J’ai lu de nombreux articles d’autres blogs d’expérience zéro déchet et bien souvent, l’auteur parle d’un changement lent et progressif, parfois difficile. Personnellement, je suis surprise de la facilité avec laquelle je bascule vers le zéro déchet. Je pense que le fait d’être seule et dans un tout nouvel environnement m’a vraiment aidé. Presque toutes mes habitudes étaient à construire de rien.

Aussi, il y a longtemps que je fais attention à mon empreinte écologique. Ca fait quelques années maintenant que j’effectue des changements engagés dans mon quotidien : je choisis avec soin les adresses où je dépense mon argent, je consomme moins et mieux, j’utilise des produits sains pour prendre soin de moi et de mon lieu de vie. Mais je n’ai jamais appelé cette réflexion active « zéro déchet », car je n’ai jamais porté une attention particulière aux déchets. Je pense donc que ce changement est rapide parce qu’il arrive après une longue succession d’autres changements.

J’écris ces lignes en espérant ne pas décourager ceux qui rencontrent plus de difficultés que moi ! Chacun son parcour et son rythme, ce qui compte c’est de persévérer 💛

Bilan zéro déchet - Rivière de déchets - Vers le zéro déchetEnsuite, le fait de vivre à Mumbai me montre plus que jamais que notre mode de consommation linéaire n’est ni sain, ni logique. Je ne compte plus les paysages et les écosystèmes ruinés par les déchets que j’ai croisés sur mon chemin. En effet, en Inde, comme dans de nombreux pays en développement, les systèmes de gestion des déchets, de tri et de recyclage ne sont pas au point et la plupart des déchets finissent brulés à même le sol, dans des décharges ou dans la nature. Beaucoup plus visibles, on peut alors s’approcher d’une idée du volume des déchets générés chaque jour : tous les emballages de nourriture, chips, biscuits, les bouteilles, le papier, les serviettes, les sachets, les pailles, les innombrables emballages de « take-away », les brosses à dents, les coton-tiges, les éponges,… Et c’est sans compter les déchets industriels et médicaux. Au total, ce sont 11 000 tonnes de déchets qui sont générées chaque jour à Mumbai. Faut-il rappeler l’impact dévastateur de ces déchets sur l’équilibre et la santé des eaux et des sols, sur la biodiversité, et sur la qualité de vie et la santé des humains ?

En résumé, on retrouve, d’un côté, un impact sanitaire et environnemental énorme et un gaspillage massif de ressources du à la production d’emballages et de jetables d’une durée de vie extrêmement courte. Et de l’autre côté, avec quelques changements simples sans son quotidien, on peut parvenir à réduire drastiquement sa production personnelle de déchets et avoir chacun un impact de plusieurs centaines de kilos par an.

Aujourd’hui, je comprends que le zéro déchet consiste uniquement à intégrer sa consommation au cycle de la vie. En ce qui me concerne, plus de doute possible : le zéro déchet, c’est simplement logique et je l’ai complètement adopté.

Bilan zéro déchet - Défi zéro déchet - Difficultés

Bilan zéro déchet - Les imprévus du zéro déchet1- ME FAIRE COMPRENDRE
Au quotidien, la première difficulté que je rencontre pour éviter de générer des déchets, c’est de me faire comprendre des gens. Entre la barrière de la langue, la différence culturelle et le fait que peu de gens ici soient sensibilisés à la réduction des déchets, il est parfois compliqué de faire comprendre à quelqu’un que je ne veux aucun jetables. Du coup, quand je donne au vendeur une boite ou un sachet de récup’ pour emballer mon lunch, il arrive que je me retrouve en moins de deux avec un sandwich dans du carton dans du papier, dans du papier, dans ma boîte – cfr. cette superbe photo Happy Feet. Nickel Marcel. Au moins, c’est récupéré et recyclable ! 🙈 

2- TROUVER DES BONNES ADRESSES ZERO DECHET
Seconde difficulté : trouver certains produits spécifiques en vrac ou en emballage compostable, voire recyclable, comme le bicarbonate de soude ou le savon. Ce n’est pas que ca n’existe pas, c’est simplement que la plupart des petits commerces ne sont pas référencés sur internet ce qui rend l’exercice plus compliqué. Du coup, je dois franchir les portes d’entrées et poser des questions, ce qui n’est pas toujours simple, encore une fois dû à la différence de langage et de culture. En revanche, c’est une super occasion d’échanger avec les locaux et de discuter zéro déchet !

3- GERER LES IMPREVUS
Je génère davantage de déchets quand j’ai mal anticipé ma journée. Il y a quelques semaines, je n’avais pas embarqué de boite avec moi. Je me promène par hasard dans un quartier loin de chez moi, où je suis rarement, et voilà que je passe devant un magasin ou l’on vend… du fromage. Du fromage ! En Inde ! Pas le choix, j’ai du accepter un emballage. On est pas là pour se faire du mal ✌🏼

4- ACCEPTER SES ERREURS, CELLES DES AUTRES ET GARDER LA BANANE
La dernière mais non la moindre : la baisse de moral. Les doutes. Les déceptions. Quand on se lance dans le zéro déchet, il y a forcément des moments où l’on se sent inefficace, inutile et tout petit face à Goliath.

D’abord, parce que l’enfer, c’est les autres. Je plaisante… mais à moitié seulement. Parfois, je ne peux pas m’empêcher d’être dépitée devant la façon de consommer des gens qui m’entourent et je me sens désemparée devant les montagnes de déchets à mes pieds. Je m’efforce de respirer un coup, de prendre un peu de recul, et puis j’en viens toujours à la même conclusion : j’avais l’habitude de consommer exactement de la même façon il y a quelques années seulement. Le mieux à faire, c’est d’accepter chacun, persévérer dans la démarche et continuer à échanger avec les autres. Le changement global se fait lentement, mais il se fait ! Je garde espoir 🙌🏼 – un énorme merci au passage aux gens qui partagent leur évolution vers un quotidien plus durable, c’est tellement génial de voir qu’on est de plus en plus nombreux 💚.

Et puis surtout, je suis parfois déçue de mes propres erreurs. Il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas présenter mes contenants assez rapidement, de ne pas réussir à me faire comprendre, d’oublier de préciser « no bag », « no straw » ou « no plastic », et de me retrouver avec 2 pailles dans mon milkshake. C’était assez décevant, mais petit à petit, j’arrive à me dire : ce n’est pas grave. Culpabiliser ne sert à rien. Quand une telle situation se présente, j’y réfléchis et j’envisage des moyens pour éviter qu’elle ne se reproduise.

Je pense qu’il est bon de se rappeler que se lancer dans un démarche zéro déchet ne doit jamais être ressenti comme « se priver », « se punir » ou « culpabiliser ». C’est une démarche positive qu’on entreprend parce qu’on en a envie et qu’on y voit un intérêt, un bien-être, tant général que personnel. Bilan zéro déchet - Défi zéro déchet - Bonnes surprises

1- LE ZERO DECHET INCITE A VIVRE PLUS SAINEMENT
Coté cuisine, acheter sans emballages implique acheter principalement des aliments frais, non préparés, et cuisiner plus. Et votre corps vous dit merci ! En cuisinant plus, on est beaucoup plus conscients de ce que l’on met dans son corps et on évite de nombreux exhausteurs de goût, conservateurs et autres machins pas très recommandés. 

Aussi, en bannissant les produits emballés, il y a tout un tas de grignoteries que vous ne trouverez plus dans vos placards. Par exemple, je remplace les biscuits par des patisseries et desserts occasionnels, à l’extérieur ou à préparer à la maison. Pour l’apéro, je remplace les chips par des noix de cajou, des amandes et autres noix ou biscuits salés disponibles en vrac. Moins de quantité, plus de qualité !

Coté hygiène, je remplace mes produits de nettoyage et de salle de bain par quelques produits simples, sains et pas chers du tout comme le vinaigre, le bicarbonate de soude, le savon, des huiles essentielles ou encore de l’huile végétale. J’évite ainsi les agents toxiques présents dans de nombreux produits d’entretien et cosmétiques.

2- LE ZERO DECHET PERMET D’ECONOMISER DE L’ARGENT
Etant donné que je suis à l’étranger avec une monnaie et un niveau de vie différent, je ne vais pas parler chiffres. Mais la logique est la même partout dans le monde ! Entre acheter un produit emballé ou bien acheter le même produit sans emballage, il y a forcément quelque chose en moins à payer 🖖🏼 Mais ça ne s’arrête pas là.

De nombreux gestes zéro déchet sont très économiques ! Par exemple, remplacer tous les produits jetables par des produits lavables et réutilisables, c’est tout à fait rentable sur le long terme 👉🏼J’en parle dans cet article.

Aussi, fabriquer ses produits ménagers est tellement plus sain et moins cher que de les acheter ! Avec un peu de vinaigre, de savon, de bicarbonate de soude, on peut déjà nettoyer presque toute sa maison. Et tous ces produits sont super abordables en comparaison avec le prix des dégraissants, détergents, produits vaisselle et montagne de bouteilles inutiles qu’on nous vend en supermarché.

En ce qui concerne les vêtements, les accessoires de maison ou encore le mobilier, acheter de seconde main permet d’éviter de nombreux emballages, mais aussi d’épargner l’utilisation des ressources en prolongeant la vie d’objets existants. Le tout à prix avantageux. Il y a encore plein d’autres astuces du quotidien zéro déchet qui permettent d’économiser, et l’un dans l’autre, au bout d’un an, c’est facilement quelques centaines d’euros qui peuvent servir à autre chose ! Un beau voyage, de bons restos par exemple 😉

3- LE ZERO DECHET INVITE AUX ECHANGES ET A LA COMMUNICATION 
Quand je sors ma paille en inox, ou que je demande d’emballer mes achats dans mes contenants, je suscite souvent un certain intérêt. Il arrive que des gens me posent des questions sur le pourquoi du comment, et ça me permet de sensibiliser au zéro déchet à ma petite échelle, et ça, c’est génial 🤗 Et en plus, ces échanges me permettent de mieux comprendre la culture et la vision locale et d’en apprendre davantage sur ce qui se fait ou non en Inde, en terme de gestion des déchets. Super enrichissant ! 

4- LE ZERO DECHET, CA SIMPLIFIE LA VIE
Et oui ! Tu ne t’y attendais pas à celle là ! Et bien moi non plus. Mais c’est pourtant vrai. En me lançant dans le zéro déchet, j’avais l’impression que ça allait être compliqué et que ca me prendrait beaucoup de temps. Je réalise aujourd’hui que le zéro déchet a plutôt tendance à me simplifier la vie.

Bon, d’accord, le début demande quand même un peu de temps pour tester de nouvelles recettes et trouver de nouvelles adresses. Mais une fois qu’on trouve son rythme et ses méthodes, c’est tout bénéf’ !

En effet, comme je consomme moins, je perds beaucoup moins de temps dans les magasins. Alimentation, vêtements, déco pour l’appart, souvenirs made in China, tout le temps que je pouvais passer à faire du shopping me sert aujourd’hui à autre chose. Je ne perds plus non plus de temps à aller au passisupermarché, passer 3 heures à choisir dans des allées interminables des produits dont je n’ai pas besoin. J’achète mes produits frais au Farmer Store à côté de chez moi, il y a moins de choix vu que ce ne sont que des produits frais, locaux et bio, je suis moins tentée et je gagne du temps. Et puis comme j’achète peu, j’ai peu de choses à l’appart et je passe beaucoup moins de temps à ranger et à nettoyer.

 

Bilan zéro déchet - Paille en inox - voyage zéro déchet

Bilan zéro déchet - Défi zéro déchet - progression

 LES GESTES QUE J’AI COMPLETEMENT ADOPTE

Je fais mes courses en vrac, de préférence bios et locales. Je n’achète plus de biscuits, de chips, ni d’autres aliments préparés emballés et je cuisine davantage

J’emporte toujours un kit zéro déchet adapté à ma journée pour éviter les jetables et emballages

J’ai une routine zéro déchet dans la salle de bain

✧ LES HABITUDES EN CONSTRUCTION 

J’entretiens mon compost d’appartement depuis plus d’un mois. Et avec cette chaleur, ça fonctionne super bien ! Le premier cycle de compost est bientôt terminé, je me réjouis de vous raconter mon expérience et de vous montrer mon compost tout beau, tout frais !

Je suis en train de me trouver de nouvelles routine de produits ménagers. J’ai commencé à faire ma vaisselle au savon maison (à voir par ici, c’est super simple et efficace, je suis conquise !). Je continue à essayer d’autres alternatives plus saines qui nécessitent moins d’emballages. Mes impressions à venir !

Je suis en train d’en apprendre plus sur les matières recyclables et les possibilités pour les recycler. Si le zéro déchet consiste à diminuer un maximum sa production de déchet, il s’agit aussi de s’assurer d’une bonne prise en charge des recyclables.

✧ LES AUTRES TESTS EN PREVISION 

Dans les semaines à venir, j’aimerais tester des recettes pour fabriquer certains aliments qui sont rarement disponibles en vrac comme le yaourt ou le lait végétal.

J’utilise assez peu de maquillage et mes produits se consomment lentement. Certains sont bio, mais j’ai toujours quelques produits de grandes marques traditionnelles. Ces produits ne correspondent plus vraiment à mes attentes en terme d’éthique, de santé et d’emballage et j’aimerais apprendre à les remplacer petit à petit

Voilà pour mon bilan zéro déchet ! Je reviens vers vous dans quelques semaines avec le débrief du fameux « bocal ». Ce qui est sûr, c’est que je suis impatiente de comparer mon expérience en Inde avec la vie zéro déchet en Belgique. Je suis persuadée que les difficultés et les bonnes surprises seront complètement différentes. N’hésitez pas à partager vos difficultés, vos astuces et vos expériences 😘 Belle semaine !

 

 

 

5 Comments
  • anji
    Posted at 21:31h, 19 mai Répondre

    Bonjour,
    Merci pour ton article qui me conforte dans mes idées que c’est possible. Préparant un voyage en Inde pour cet été, j’aimerais savoir une question toute bête mais à laquelle je n’ai pas encore trouvée de réponse : comment fais-tu pour l’eau ? Il est impensable pour moi de me fournir en bouteilles en plastique… Merci et bravo pour ton aventure !

    • Lola
      Posted at 11:31h, 20 mai Répondre

      Bonjour Anji,
      Je comprends bien ta question, c’était aussi une de mes inquiétudes avant de partir. Pour le moment, je vis à Mumbai et j’ai un filtre à eau dans mon appartement, ça aide beaucoup. Globalement, c’est assez facile d’avoir accès à l’eau filtrée, il y a en a dans tous les hôtels/auberges et dans la plupart des restaurants, et même dans les gares ! Je pense qu’il y a des points d’eau potable dans toutes les gares à travers le pays, c’est déjà un bon
      point de repère. Mais par sécurité, ou si tu voyages dans des zones plus reculées, je te conseille d’investir dans une gourde filtrante. Il existe plusieurs systèmes et marques, moi j’ai acheté une LifeStraw à filtration chimique et mécanique et jusque ici j’en suis contente ! Ca te permettra de boire de l’eau non filtrée sans trop de problèmes. J’ai aussi une simple gourde en inox avec moi, et c’est pratique d’avoir 2 gourdes pouvoir emporter assez d’eau pour les longues journées à l’extérieur. J’espère que ca te sera utile, passe un bon voyage !

      • Anji
        Posted at 13:18h, 21 mai Répondre

        Merci pour ta réponse, ça m’aide énormément 🙂 !!

  • Marie Craste
    Posted at 17:48h, 09 mai Répondre

    Je ne commente pas souvent mais j’ai adoré lire ton article comme tous les autres d’ailleurs. Moi, je n’en suis pas encore à sortir avec un kit zéro déchets mais j’introduit progressivement le vrac, j’essaye de ne plus acheter de vêtements neufs et j’utilise des soins naturels dans la salle de bain. Bon courage à toi et profite bien de l’Inde.
    Cordialement Marie.

    • Lola
      Posted at 18:10h, 09 mai Répondre

      Merci beaucoup Marie, ca me fait plaisir ! Et super pour tes efforts. Le changement de garde-robe, pour moi, c’est une étape qui a été à la fois difficile (ralentir, trouver ses marques et se sentir bien), mais amusante aussi, j’aime me renseigner sur des marques durables et chiner des trésors ! Par contre, niveau soins et maquillages, je ne m’y connais pas encore bien, je me réjouis d’explorer plus en rentrant. Courage à toi aussi, bonne continuation ✌🏼😊

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